Les violences sexuelles entre détenus de sexe masculin : un révélateur de la subordination de la femme dans la société
Par Evelyne Josse, Saturday 7 July 2007 à 13:34 :: Articles :: #107 :: rss
Evelyne
josse
2007
http://www.resilience.netfirms.com
14
avenue Fond du Diable, 1310
Psychologue
clinicienne. Hypnose éricksonienne, EMDR, thérapie brève
Psychothérapeute
en consultation privée, psychologue du programme ASAB, expert en hypnose
judiciaire, consultante en psychologie humanitaire
Table des matières
Les
déterminants de la violence sexiste
La
virilité comme principe organisateur de la sociabilité carcérale
La
violence comme instrument d’hiérarchisation du collectif carcéral
L’exemple
des prisons des pays de l’ex-Union Soviétique
L’exemple
des prisons américaines
Hiérarchie
carcérale et construction sociale des genres
Homosexualité
versus hétérosexualité
Passivité
sexuelle et permutation de genre
« L’histoire, c’est celle de millions de prédateurs
sans pitié. Nous. Et de leurs millions de victimes sans défense. Nous aussi. »
(Exposition
« Le futur a-t-il un avenir ? », Parc d’aventures scientifiques, Frameries,
Belgique)
Introduction
La
sexualité ne se réduit pas à la seule satisfaction physiologique des pulsions
sexuelles. En effet, elle cristallise de nombreuses valeurs et se teinte de
significations spécifiques en fonction de l’usage social qui en est fait :
pacification, réconciliation, régulation sociale, punition, échange,
transaction, provocation, domination, humiliation, contrôle, etc. Au vu de
l’importance qu’elle revêt pour les individus et les communautés, il
n’est pas étonnant que certaines situations telles que l’incarcération
exposent particulièrement les hommes aux brutalités d’ordre sexuel[1].
Plus surprenant sans doute est le fait que ces sévices puissent révéler les
positions hiérarchiques dévolues aux genres masculin et féminin dans la
plupart de nos sociétés.
Partout
dans le monde, les rapports de genre sont organisés selon une hiérarchie où
les hommes occupent la position dominante et les femmes, une position de
subordination[2].
La virilité est un principe organisateur
essentiel de
cette catégorisation. Elle distingue non seulement les hommes des femmes mais
elle classe également les individus masculins selon un axe vertical. Ainsi,
dans l’univers de la prison, les individus capables d’affirmer leur virilité
occupent les postions élevées de la hiérarchie carcérale ; les autres
sont relégués au bas de l’échelle, assimilés aux femmes et assujettis
comme celles-ci le sont hors les murs. Le véritable enjeu de la violence
sexuelle sert à prouver la masculinité et la puissance de l’agresseur ;
il porte en fin de compte sur l’exercice du pouvoir dans un univers coercitif,
pouvoir conçu selon la logique de la domination sexiste.
Dans
cet article, nous allons tenter d’apporter un regard croisé sur les rapports
de genre et les violences sexuelles entre détenus.
Genre et pouvoir
Le
terme « genre » fait référence à un principe d’organisation
sociale. Il renvoie aux spécificités des individus dans leur communauté et
dans leur culture en fonction de leur sexe. Chaque société établit des règles
spécifiques pour ses membres, enfants et adultes, selon qu’ils sont de sexe féminin
ou de sexe masculin. Ces règles, implicites et explicites, déterminent les rôles,
les statuts, les responsabilités, les obligations, les activités, les
pratiques, les modes relationnels entre hommes et femmes, les attitudes et les
comportements acceptables et appropriés pour chacun, dans chaque situation, en
fonction de son sexe.
Partout
dans le monde, ces représentations et pratiques concernant les identités et
les rôles assignés à chacun des deux sexes induisent une asymétrie de
pouvoir entre les genres. En effet, ces stéréotypes attribuent aux hommes la
position dominante tant collectivement qu’individuellement, tant dans le
domaine privé que public (économique, politique, culturel, social et sexuel).
Genre et violence
On
nomme violence basée sur le genre (en
anglais, gender-based violence ou
GBV), violence sexospécifique
ou bien encore violence sexiste[3], tout
acte perpétré contre la volonté d’une personne et résultant de sa détermination
biologique ou de son rôle spécifique en tant qu’être sexué. La
violence sexuelle est un type spécifique de violence basée sur le
genre[4].
Elle peut-être définie comme « tout acte sexuel, tentative pour
obtenir un acte sexuel, commentaire ou avances de nature sexuelle, ou actes
visant à un trafic ou autrement dirigés contre la sexualité d’une personne
utilisant la coercition, commis par une personne indépendamment de sa relation
avec la victime, dans tout contexte, y compris, mais s’en s’y limiter, le
foyer et le travail »[5].
Comme
nous verrons, l’agression sexuelle dans l’univers carcéral constitue un
moyen d’établir le degré de masculinité des détenus et de leur assigner
leur position dans la hiérarchie carcérale.
Les déterminants de la violence sexiste
La virilité
La virilité se décline selon trois
axes :
q
Selon
l’axe biologique, elle désigne les
caractéristiques physiques de l’homme (sexe, musculature, pilosité, etc.).
q
Selon
l’axe sexuel, elle renvoie
au comportement sexuel (puissance, comportement sexuel dominant : actif et
« pénétrant » dans les rapports vaginaux et anaux, passif dans la
fellation et la masturbation) et à la capacité de procréer.
q
Selon
l’axe psychosocial, elle définit
les capacités physiques, les aptitudes psychiques et les valeurs morales
culturellement attribuées aux hommes. Dans la plupart des sociétés, la
virilité est associée à la force physique, à la puissance, au courage, à la
résistance mentale, au sens de l’honneur, à la capacité à se battre, à la
domination des plus faibles (tous traits de caractère censés résulter des
capacités physiques), etc.
Dans toutes les sociétés,
l’expression de la virilité apparaît comme l’élément déterminant de
l’identité masculine[6].
Le virilisme
On entend par « virilisme »[7],
l’exacerbation d’attitudes et de comportements virils adoptés par les
hommes. Ce paroxysme de virilité se
manifeste principalement dans les communautés régies par la
loi du plus fort [8]
telles que les institutions pénitentiaires, l’armée, le monde de la rue
(gangs, bandes) et les quartiers défavorisés des grandes villes. L’usage
abusif d’une position dominante signe le plus souvent une situation d’insécurité
ou de malaise social. La compétition semble favoriser le repli et le
renforcement des représentations traditionnelles
sur des valeurs comprenant la domination masculine.
Le virilisme se
manifeste principalement par l’agressivité (pouvant aller de l’agression
verbale au meurtre), par la volonté de dominer et de conquérir (y compris
sexuellement), par le rejet d’attitudes et de comportements considérés comme
des signes de faiblesse (pitié, compassion, indulgence, sentiments amoureux,
etc.) ainsi que par le culte des caractéristiques extérieures de masculinité
(selon les cultures, musculation du corps, notamment grâce au sport, cheveux
courts ou rasés, port de la barbe ou de la moustache, tatouages, tenue
vestimentaire, etc.).
Ce virilisme
s’exprime dans les rapports que les hommes établissent avec les femmes autant
que dans les relations qu’ils construisent avec leurs semblables masculins.
Comme nous le verrons, cette virilité totalisante se manifeste notamment au détriment
de ceux qui ne parviennent pas à affirmer leur masculinité.
L’univers social des prisons
La captivité désaffilie
les détenus de la plupart de leurs réseaux sociaux et groupes
d’appartenance. De plus, l’administration pénitentiaire exerce un contrôle
jusque dans les plus petits détails de la vie quotidienne (horaires des repas,
du lever et du coucher, composition des menus, programme et type d’activité,
accès aux biens de consommation, etc.). L’incarcération a ainsi pour conséquence
de déposséder les individus de leur identité personnelle et sociale et
d’invalider les compétences et les expériences dont ils pouvaient faire état
dans la société. Elle leur impose un univers social confiné parfois très
différent du leur, celui de la population carcérale et les contraint à se
couler dans une nouvelle identité[9]
conditionnée par le contexte pénitentiaire.
La virilité comme principe organisateur de la sociabilité carcérale
Au sein de
l’institution pénitentiaire, la virilité tient lieu d’identité au détriment
de toute autre spécificité telle que les différents domaines d’activité
(travail, activités de loisirs, etc.) et les liens sociaux (famille, amis,
voisinage, etc.) sur lesquels repose principalement l’identité pré-carcérale.
Dans cet espace masculin, les hommes sont en compétition, ce qui concoure au
renforcement des critères et des valeurs propres à l’identité masculine
(virilisme conduisant à la rigidification des définitions telles que ce
que signifie « être un homme », ce qui importe pour le devenir ou
le rester, etc.) et à la surenchère des marqueurs de virilité (exacerbation
des marques extérieures de la masculinité telles que machisme, musculation,
tatouages, comportement sexuel dominateur, etc.). En effet, il importe de passer
pour un « dur » et de se faire respecter sous peine de se faire
maltraiter.
La violence comme instrument d’hiérarchisation du collectif carcéral
Dans ce chapitre, nous
allons tenter de démontrer comment la violence structure le collectif carcéral
en produisant de nouvelles identités individuelles et en établissant une hiérarchie
entre prisonniers.
Nous l’avons vu, le
virilisme se manifeste principalement par un comportement dominateur et violent.
Dans la société carcérale, cette violence, en particulier la violence
sexuelle, devient le moyen d’exercer un pouvoir dans une situation où les
individus en sont presque totalement privés. Ainsi, les relations que tissent
entre eux les prisonniers sont le plus souvent dominées par des rapports de
force et d’autorité virile basés sur la soumission et l’humiliation. Dans
l’univers pénitentiaire, chacun gagne sa place en se mesurant aux autres.
Face à la provocation ou à l’intimidation d’un co-détenu, il est
impossible de fuir. Il n’existe dès lors que deux options : « Fuck
or fight »[10] (« baiser ou combattre »).
S’il refuse de se soumettre, l’individu n’a qu’une issue : faire
ses preuves, se battre pour son honneur, prouver qu’il est un homme. Les détenus
capables de se défendre deviennent des leaders. Ceux qui ne peuvent leur
opposer une résistance efficace deviennent leurs subordonnés (au plan
physique, mental, financier et/ou sexuel). La violence produit ainsi des
masculinités inégales ; elle départage les individus en deux classes :
celle des hommes dignes de ce nom capables d’affirmer leur virilité et celle
des sous-hommes.
Les « vrais
hommes » doivent leur supériorité hiérarchique à leur prouesses
criminelles (identité pré-carcérale déjà déterminée par l’activité
criminelle), à leur apparence virile (musculature développée, tatouage,
etc.), à leur sens de l’honneur (violence en réponse à toute provocation ou
intimidation), à leur volonté de dominer (résolution violente des conflits,
refus de la négociation, comportement sexuel dominateur), etc.
Les « sous-hommes » regroupent
les homosexuels, les bisexuels, les transsexuels et les travestis car ils
n’attestent pas d’un comportement sexuel dominant et ne répondent donc pas
aux canons de la virilité. Les
victimes d’agressions sexuelles sont également exclues de la communauté
virile car selon les mythes un homme digne de ce nom ne peut être forcé à
accomplir quelque acte que ce soit et préfère mourir plutôt que de céder sa
virginité anale. Les détenus qui présentent (ou à qui l’on prête) des
qualités physiques ou psychologiques associées aux stéréotypes féminins
sont également bannis du groupe des « durs ». C’est le cas des
individus petits, minces, aux traits délicats, imberbes, à la peau douce
(associée à la jeunesse ou à l’apparence de la jeunesse), portant les
cheveux longs, maniérés, de caractère sensible, timide et pacifique. Parmi
les sous-hommes, on retrouve également les prisonniers ayant transgressé le
code d’honneur propre à l’identité masculine : les « pointeurs »[11],
parce qu’ils ont bafoué la règle prescrivant de protéger les plus faibles
et les « balances », parce qu’elles ont enfreint la loi du milieu
en trahissant leurs amis.
L’exemple des prisons des pays de l’ex-Union Soviétique[12]
La vie des détenus
dans les prisons des pays de l’ex-Union Soviétique[13]
est régie par une hiérarchie interne basée sur un système de caste. Sans
entrer dans les détails, mentionnons les principales catégories :
q
Les « blatnje »
(du mot « blat », pistonné)
(блатные)
sont des truands professionnels pour
qui l’incarcération n’est qu’une étape dans la carrière criminelle. Ils
ne collaborent pas avec l’autorité pénitentiaire à laquelle ils opposent un
pouvoir parallèle[14],
pouvoir dont ils sont les leaders.
q
Les « muzhiki »
(мужики), littéralement les « hommes »,
représentent la caste majoritaire. Leur avenir dans le crime n’est pas scellé.
A leur sortie de prison, certains deviendront des bandits professionnels tandis
que d’autres s’engageront à mener une existence honnête. Durant leur
incarcération, ils respectent les règles imposées par les blatnje[15]
et refusent de collaborer avec l’administration carcérale.
q
La troisième caste est celle
des « kozli »
(козлы),
les « connards » (en
argot, littéralement : les boucs). Ils coopèrent avec les autorités
administratives ce qui leur vaut d’être considérés comme des traîtres par
les blatnje et les muzhiki.
q
Au bas de la pyramide, méprisés
de tous, se trouve les « petukhi » (петухи), les
« pédales » (en argot, littéralement : les coqs). Cette
catégorie regroupe les homosexuels, tout détenu ayant été sexuellement
contraint par un de ses pairs (notamment, les prisonniers punis par le viol pour
avoir enfreint la « loi de la prison ») ainsi que les « pointeurs »[16].
Les petukhi sont également appelés
les « neprikasaemye »,
les « intouchables » (неприкасаемые) ou encore les « opouchtchenye » (опущенные),
les « rabaissés ».
C’est la contrainte sexuelle qui provoque le « rabaissement » de la victime, c’est-à-dire sa rétrogradation
sur l’échelle de la masculinité. Le viol le dévirilise, voire le féminise,
la victimisation et la passivité
sexuelle étant perçues comme l’opposé de la virilité.
L’exemple des prisons américaines
Dans les prisons américaines,
le collectif carcéral n’est pas stratifié en castes formelles comme il
l’est dans les pays de l’ex-Union Soviétique. Toutefois, les détenus se répartissent
en deux grandes catégories (subdivisées en sous-classes) distinguant les
forts des faibles, les dominants des dominés et au bout du compte, les hommes
virils des « femmes » ou de leurs équivalents symboliques :
q
Les dominants sont appelés
« men » (les hommes),
« studs » (terme utilisé
pour désigner les étalons reproducteurs, par extension hommes réputés pour
leur virilité et leur puissance sexuelle) ou « jockers » (sportifs des high school américaines renommés
pour leurs succès féminins)[17].
q
Les dominés regroupent les
homosexuels, les « queers »
(pédales, tapettes), les homosexuels efféminés, les « queens » (folles, tantes), appelés aussi « sissy »
(femmelettes, chochottes) ou bien encore « little
girls » (petites filles) ainsi que les hétérosexuels et bisexuels violés
par leurs pairs, les « punks » (lopette,
tapette).
Cette typologie se
fonde principalement sur le comportement sexuel des détenus, celui-ci tenant
lieu d’identité. Un comportement actif et « pénétrant » dans
les rapports anaux, passif dans la fellation et la masturbation est associé au
pouvoir sur les autres, dépendants et soumis[18].
Dans ce système, l’assujettissement et la violence sexuelle constituent donc
un instrument de hiérarchisation.
Hiérarchie carcérale et construction sociale des genres
Homosexualité versus hétérosexualité
La majorité des actes
sexuels auxquels se livrent les prisonniers ne relèvent pas de l’homosexualité
au sens strict. Il est plus exact de parler d’hétérosexualité « d’orientation
masculine »[19],
le choix d’un partenaire de même sexe étant attribué à la situation carcérale
et non à l’orientation sexuelle personnelle. En effet, dans la conception des
détenus, seul le partenaire soumis (passif dans la pénétration ou actif dans
la fellation et dans la masturbation) est considéré comme homosexuel ou plus
précisément, comme un équivalent symbolique féminin (dans la sodomie, il est
pénétré comme l’est une femme, voire même jouit d’une manière
comparable). L’homme dominant, quant à lui, se comporte sexuellement comme il
le ferait avec une compagne et éprouve des sensations physiques similaires à
celles ressenties dans les rapports hétérosexuels. Il prouve qu’il est un
homme en étant sexuellement actif : il entretient une activité sexuelle et il
asservit sexuellement son partenaire en lui assignant un rôle de femme. Il
affirme et consolide ainsi sa virilité.
Passivité sexuelle et
permutation de genre
La passivité sexuelle
(sodomie subie, fellation et masturbation prodiguées à autrui), consentante ou
forcée, corrompt l’identité sexuée du prisonnier. Elle lui dérobe sa
virilité et le convertit en un équivalent symbolique féminin. Il
acquiert une réputation de « tapette », de « pédé »
mais aussi de « pute », de « salope », de « femmelette »,
de « gonzesse ».
On conçoit dès lors
que la violence sexuelle ait des effets de transformation identitaire tant au
niveau personnel que collectif. Elle produit une mutation radicale dans la manière
dont les victimes se perçoivent elles-mêmes et dont elles conçoivent leurs
relations à leur environnement social immédiat et plus largement, à la société
dans son ensemble. Elle induit également une modification des rapports sociaux
au sein de la population carcérale. Ainsi, les détenus sexuellement contraints
ne peuvent prétendre à un quelconque pouvoir économique (par exemple, dans
les activités de contrebande ou le marché du sexe[20]).
Ils acquièrent également une place particulière dans l’économie domestique
pénitentiaire. Ils sont souvent contraints d’effectuer les diverses tâches ménagères
(vaisselle, lessive, entretien de la cellule et nettoyage des toilettes[21]).
L’utilisation domestique avilissante atteste de la féminisation des victimes
et reflète les attitudes sexistes des hommes envers les femmes dans la société.
La répartition des rôles traditionnels entre l’homme et la femme se rejoue
pleinement dans cette domination qui réduit le féminin à la soumission
domestique, naturellement disponible et corvéable à merci.
Virilisme et sexisme
Selon cette conception
machiste, être un homme, c’est être supérieur aux femmes ou à leurs équivalents
symboliques, la féminité représentant l’antithèse méprisable de la
virilité. Les détenus tentent donc de se démarquer au maximum de tout stéréotype
féminin en affichant continuellement leur masculinité tant dans leur
comportement que dans leur discours (mépris et dénigrement de la femme,
survalorisation des prouesses viriles). Cette surenchère sexiste est dictée
par le risque d’être assujetti et maltraité lorsque l’on est assimilé à
une femme. Rappelons, en effet, que la violence s’exerce principalement aux dépens
des hommes présentant des caractéristiques que les modèles dominants prêtent
aux femmes.
Conclusion
Le microcosme unisexué
de la prison invite à s’interroger sur les stéréotypes dominants de la
virilité et de la féminité dans la société. En effet, la catégorisation
des détenus reflète le fait que les relations sociales se structurent sur une
asymétrie des genres, y compris dans un univers masculin. Les relations entre
prisonniers sont structurées à l’image hiérarchisée des rapports
hommes-femmes et empruntent le modèle hétérosexuel[22]
dans lequel la virilité est associée à la position dominante. Dans cette hiérarchie
fondée sur la virilité, les violences sexuelles établissent un ordre binaire
partageant les détenus en deux grandes catégories : les hommes dignes
de ce nom et les rebuts. Ces derniers, déchus au bas de l’échelle, sont
assimilés aux femmes et sont relégués comme telles dans des rôles de
subordination.
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Wikipedia, « Le
viol en prison », http://fr.wikipedia.org/wiki/Viol
L’auteur
Sites
de l’auteur :
http://www.stressaeronautique.netfirm.com
: articles professionnels et tous publics sur la peur de l’avion
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: site consacré à la psychologie humanitaire. Articles sur le stress des
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des rues, torture, violence sexuelle, traumatisme dans les catastrophes
humanitaires, etc.)
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prenant en charge des patients atteints d’acouphénie et articles tous publics
Evelyne
Josse est psychologue diplômée de l’Université Libre de Bruxelles. Elle est
formée à l’hypnothérapie éricksonienne, à l’EMDR et à la thérapie brève.
Elle
exerce en qualité d’expert en hypnose judiciaire auprès de
Elle
a travaillé pour différentes ONG dont « Partage avec les enfants du
Tiers Monde », « Avenir
des Peuples des Forêts Tropicales », « Médecins Sans Frontières-Belgique »
et « Médecins Sans Frontières-Suisse ».
Passionnée
d’ULM 3 axes (type avion), elle a mis sur pied avec Thierry Moreau de Melen,
un pilote, le programme ASAB (Anti Stress Aéronautique Brussels).
Auparavant,
elle a également travaillé pour Médecins Sans Frontières-Belgique. Elle a
exercé dans des hôpitaux universitaires auprès d’adultes atteints du VIH/SIDA
et auprès des enfants malades du cancer. Elle a également été assistante en
faculté de Psychologie à l’Université Libre de Bruxelles.
D’autres
articles on-line du même auteur sont disponibles :
Traumatisme
psychique et maladie grave
Sur http://www.resilience.netfirms.com
:
- Le développement des syndromes psychotraumatiques. Quels sont les facteurs de
risques ?
- Victimes, une épopée conceptuelle. Première partie : définitions
- Le vécu de l’enfant atteint d’une maladie cancéreuse. Diagnostic et
première hospitalisation
- Le vécu des parents d’un enfant malade du cancer
- Métaphore et Traumatisme psychique
- Les violences sexuelles. Définitions
d'un concept multiforme
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victimes de violences sexuelles. Approche orientée vers la solution
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et sexuelles à l’égard des hommes
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risque des violences sexospécifiques et sexuelles exercées contre les enfants
- La torture de masse. Le
cas de l’ex-Yougoslavie
-
La torture. Repères notionnels
Stress et traumatisme du personnel
expatrié
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:
- Les expatriés dans la tourmente. Le stress humanitaire
- Les expatriés à l’épreuve
des séismes
- Le soutien psychosocial des équipes humanitaires. De l’incident critique à
la prise de décision
- Le soutien immédiat et
post-immédiat des expatriés affectés par un incident critique
- Le défusing
du personnel humanitaire affecté par un incident critique
- Comment faire? Le débriefing
psychologique des expatriés affectés par un incident critique
- Comment gérer le stress dépassé lié à l’expatriation ?
- Commet gérer le stress traumatique survenant dans le cadre d'une expatriation
?
- Le débriefing
psychologique dans un cadre professionnel
- Le réseau de pairs (peer
support network). Le soutien du personnel humanitaire de retour de mission
Problématiques
humanitaires
Sur http://www.psychologiehumanitaire.netfirms.com
:
- Guide pour un assessment rapide des besoins psychosociaux et en santé mentale
des populations affectées par une catastrophe naturelle
- Le traumatisme dans les catastrophes humanitaires
- Reconstruire le quotidien après un traumatisme collectif. Éloge du
quotidien, de la routine, des rites et des rituels
- Les enfants des rues. L'enfer du décor
- Violences sexuelles et
conflits armés en Afrique
Sur http://www.resilience.netfirms.com
:
- Idées fausses circulant au sujet de l’hypnose
- Quels sont les indices
d’une transe hypnotique ?
- Comment se déroule une thérapie
par hypnose ?
- L’hypnose. Les réponses
à vos questions
Sur http://www.stressaeronautique.netfirms.com
:
- Stress aéronautique. Peur de voler, phobie de l'avion, panique à bord J’ai
peur en avion ! : Première partie : c’est quoi le stress aéronautique ?
- J’ai peur en avion ! :
Deuxième partie : j’ai peur du crash !
- J’ai peur en avion ! :
Troisième partie : j’ai peur de la panne !
- J’ai peur en avion ! :
Quatrième partie : j’ai peur des turbulences !
- J’ai peur en avion ! :
Cinquième partie : j’ai peur que l’avion ne tombe !
- J’ai peur en avion ! :
Sixième partie : j’ai peur de ne pas pouvoir supporter cette situation !
- J’ai peur en avion ! :
Septième partie : conseils pour les voyageurs anxieux
- J’ai le mal de l’air
Sur http://www.acouphenes.netfirms.com
:
- Les acouphènes. Traitement par l’hypnose
-
Que peut apporter l’hypnose dans le traitement des acouphènes ?
Sur http://www.resilience.netfirms.com
:
- Familles en difficulté. Guide à l’intention du psychothérapeute orienté
vers la solution
- Le stress, c’est quoi ?
Première partie : Le stress, c’est quoi exactement ?
- Le stress, c’est quoi ?
Deuxième partie : Existe-t-il différentes formes de stress ?
- Le stress, c’est quoi ?
Troisième partie : Quelles sont les conséquences du stress dépassé ?
- Le stress, c’est quoi ?
Quatrième partie : Le stress traumatique, c’est quoi ?
- Le stress. Quelques repères
notionnels
[1] D’autres articles du même auteur abordent en détail les violences sexuelles (à l’égard des hommes, des femmes et des enfants). Voir le site http://www.resilience.netfirms.com
[2]
Même dans les rares sociétés conservant
des caractéristiques matriarcales (Touareg,
Iroquois, Trobriandais), les femmes n’occupent pas les mêmes rôles
institutionnels que les hommes dans les sociétés patriarcales.
[3] D’autres articles du même auteur abordent en détail les violences sexospécifiques (à l’égard des hommes, des femmes et des enfants). Voir le site http://www.resilience.netfirms.com
[4] En anglais, on parle de « Sexual and gender-based violence » ou SGBV.
[5]
OMS, 2002, « La violence sexuelle »
in « Rapport mondial sur la violence et la santé », whqlibdoc.who.int/publications/2002/9242545619_chap6_fre.pdf
[6]
On pourra nous
objecter que depuis quelques décennies, notamment dans les pays d’Europe
et d’Amérique du Nord, des hommes tentent de redéfinir l’identité
masculine en la dissociant de la virilité. Ils n’en reste pas moins que
les valeurs, les symboles, les mythes, les légendes, les croyances, les
habitudes, les coutumes, les rites, les normes, les règles, les façons
d’être, les idéologies et les modèles dominants restent de par le monde
majoritairement patriarcaux.
[7] Terme du à Daniel Welzer-Lang.
[8]
Usage abusif
d’une position dominante par une personne ou un groupe de personnes dans
le but de parvenir à ses fins (imposer ses normes, ses désirs, sa volonté,
tirer un profit ou un bénéfice quelconque, humilier, etc.).
[9]
Clemmer dénomme ce processus la « prisonniérisation ».
[10]
Paraphrase due à Gordon James Knowles du célèbre « Flight or fight » (« fuir
ou combattre ») de Walter Cannon, http://www.spr.org/pdf/knowles2.pdf.
[11] Individus écroués pour avoir violenté une personne vulnérable (un enfant, une personne âgée, un handicapé ou une femme).
[12]
J’ai recueilli une partie de ces
informations lors d’une mission humanitaire en Sibérie. Antonina
Chernysheva les a complétées de précieuses précisions. Qu’elle en soit
ici remerciée.
[13] Le système de castes existe dans tous les pays de l’ex-Union Soviétique. Néanmoins, le type de relation qu’elles entretiennent entre elles diffère d’une région à l’autre. Ainsi, en Sibérie, les individus issus des différentes castes co-existent dans les mêmes cellules. Au Kirghizstan, les petukhi résident dans la zone de travail, complètement séparés des blatnje et des muzhiki logés dans des baraquements. Le leadership varie également selon les régions. En Sibérie, les blatnje régentent toutes les castes tandis qu’au Kirghizstan, les petukhi ont leur propre chef. Dans certaines colonies (c’est le cas notamment au Kazakhstan), l’administration pénitentiaire jugule le pouvoir des blatnje ; dans d’autres, elle n’ose affronter cette autorité de fait.
[14]
L’historique des castes dans le système pénitentiaire
soviétique dépasse largement le cadre de cet article. Soulignons cependant
qu’il s’est constitué et formalisé par opposition aux abus de
l’administration communiste. Le
lecteur intéressé peut se référer à l’article de Vavokhine Y.,
« La sous-culture carcérale (post)soviétique face à l’utilisation
par l’administration pénitentiaire des doctrines d’autogestion »,
Vol I (2004), Champ pénal,
http://champpenal.revues.org/document7.html
[15]
La « loi de la prison » est constituée
principalement d’interdictions concernant des actes à caractère
symbolique (par exemple, participer aux travaux de réparation des
installations associées au contrôle ou à la répression) et de toute
forme de délation.
[16] Individus écroués pour avoir violenté une personne vulnérable (un enfant, une personne âgée, un handicapé ou une femme).
[17]
Les termes varient considérablement d’une
région à l’autre mais partagent les mêmes connotations.
[18]
L’appartenance
aux différentes sous-classes dépend degré de coercition sexuelle, de la
mise en couple, de l’orientation sexuelle personnelle, de l’influence
d’un gang, etc.
[19]
Terme du à Daniel Lockwood, cité par Guérette
M.R. in « Les agressions
sexuelles en milieu carcéral : une perspective des prisonniers canadiens »,
http://www.collectionscanada.ca/obj/s4/f2/dsk1/tape10/PQDD_0002/MQ46578.pdf
[20]
La prostitution est un phénomène répandu
dans certaines prisons du monde. Des détenus sont ainsi « loués »
à d’autres par leur « propriétaire » (la
victime est la « propriété » de son premier agresseur). Pour
plus de détail, voir l’article du même auteur : « Les violences
sexospécifiques et sexuelles à l’égard des hommes », sur http://www.resilience.netfirms.com
[21]
Notons que la situation des « petukhi »
diffère selon le pays où ils sont incarcérés. En Sibérie, les activités
citées leur incombent mais ce n’est pas le cas dans d’autres régions.
Par exemple, au Kirghizstan, en qualité d’intouchables, tout contact avec
eux, y compris par l’intermédiaire des vêtements ou de la vaisselle,
conduit à la profanation des castes supérieures.
[22]
Rappelons
une fois encore que nous parlons des modèles les plus véhiculés dans le
monde.
Commentaires
1. Le Sunday 25 November 2007 à 19:25, par bastistouze
2. Le Monday 19 May 2008 à 21:51, par Compositeur de Musique